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La presse parle des Plissés de France ...

 

PLIS A PLIS
d'Evelyn HADGE, paru dans le magazine Metier d'Art en 2005

A Saint-Coulomb, près de Sainr-Malo, point de corsaires ni flibustiers. Une autre curiosité, moins célèbre, est là bien présente.

Imaginer un seul instant les plis d'une robe ou d'une jupe entièrement faits main, de façon complètement artisanale, une idée saugrenue pourrait-on croire! Et pourtant à l'atelier des Plissés de France, elles sont sept. Sept femmes qui, coude à coude, maintiennent ce savoir-faire quasi confidentiel.

Le métier à plisser, une étape capitale

A la mécanisation généralisée du plissage, Marie-Christine et son équipe ont fait un autre choix, celui de conserver la méthode artisanale. Seule la mécanisation est utilisée pour les très petits plis. Le procédé de plissage artisanal à partir de métiers à plisser carton, fabriqués main, sur place, elles connaissent bien. Lorsque Marie-Christine se met aux commandes, toutes ou presque faisaient déjà partie de l'équipe de la première heure. La fabriquation du métier est la première étape. De la perfection du métier va dépendre la qualité du plissage. La fabrication d'un modèle se fait à partir d'un gabarit aux mesures précises: tour de bassin, mesures d'encolure pour chemisier, valeur d'empiècement, de manche ou de col. Ces graduations se transposent sur le carton. A chaque modèle et chaque taille, son métier. L'approvisionnement est simple, il faut du carton mais du bon. Il est de plus en plus difficile de s'approvisionner en 250g de grammage kraft. « Autrefois un même métier à plisser, ou moule, pouvait faire 1000 pièces car le carton, de bonne pâte, tenait à la vapeur. Aujourd'hui nous travaillons avec du 200g, ce qui oblige à un renouvellement plus fréquent du stock des métiers. Le carton a perdu en qualité, il prend l'humidité et cloque. Un métier ne durera que le temps d'une série. On va faire une vingtaine de métiers pour 300 pièces par exemple et plus le tissu est épais, plus vite le moule se détériore. »

Plissé soleil, plissé accordéon

Joëlle a la haute main sur la fabrication des métiers. Pas un plissage dont elle n'ait pas la parfaite maîtrise. Le plissé soleil, qui part en rayon et se travaille en plein biais, souvent demandé pour une mousseline en soie – le plissé corolle, petits rectangles placés en forme d'éventail – le pli droit fil évasé, aux plis serrés en haut et plus large en bas – le plissé accordéon, alternance de petits et grands plis ou bien encore le pli fantaisie, à pointes et à découpes, le plus difficile.
Le tissu arrive de chez le façonnier par panneau découpé, prêt à la mise en plis. A chacune sa spécificité, Nelly et Annie n'ont pas leur pareil pour le plissé soleil, Annick pour le plissé accordéon. Les gestes sont sûrs, précis. Les doigts, experts, placent soigneusement le tissu dans chacune des plis du métier. En un instant, avec dextérité, le métier est replié, enroulé et maintenu par des bois ou des traverses pour maintenir les plis en forme.
Le métier passe en étuve environ une heure, à une température variant de 70 à 110° selon le type de tissu : soie, laine, polyester ou coton dans ce laps de temps, par la vapeur injectée, le tissu prendra la forme du métier. Puis vient le temps du séchage, passage obligé pour la bonne tenue des plis. Un fonctionnement méthodique qui se fait par roulement : 8 métiers sont en cours de remplissage de tissu, pendant que 8 autres sont en étuve et que les derniers refroidissent. Sortis des métiers, les plissages repartent chez le façonnier qui procède à l'assemblage et à la livraison du produit fini chez le client.
« Je ne peux que rendre hommage aux façonniers tant le travail accompli dans leurs ateliers de montage est minutieux et notre collaboration proche, commente Marie-Christine ».
Un hommage d'autant plus appuyé que la remontée des Plissés de France s'est faite par leur intermédiaire. Autrefois la société travaillait surtout pour la moyenne gamme et presque à la chaîne. A l'arrivée de Marir-Christine, beaucoup en raison de la délocalisation, la société est en mauvaise posture. Un virage radical s'amorce lorsqu'un façonnier s'adresse aux Plissés de France pour un plissé soleil en soie délicate. A la livraison, sa satisfaction est telle que rapidement l'effet boule-de-neige opère et l'entreprise propulsée dans un tout autre milieu, celui de la haute couture.
« Nous avons beaucoup évolué avec le haut de gamme explique Marie-Christine. Le travail est plus méticuleux et demande encore plus de rigueur. En 5 ans, notre clientèle s'est modifiée à 90%. Notre approche du pli évolue. Les stylistes subliment notre travail qui prend toute sa noblesse ».
Dans certaines maisons, à partir d'échantillons, le bureau de style crée un vêtement autour du pli. « Pour nous, ajoute Marie-Christine, voir la façon dont les stylistes mettent en valeur notre travail, est non seulement stimulant mais nous inspire énormément. » A noter qu'en matière de plissé, la mesure de référence est la quille. Qu'une quille « soleil » par exemple, représente environ un mètre carré de tissu, c'est à dire de 1/8e à 1/10e d'un vêtement, qui nécessite au total de 8 à 16 quilles.
Au niveau du prêt à porter haut de gamme, la demande est là. Plissés de France travaille un an à l'avance. Si la fragilité de ce marché est liée au phénomène de mode d'où l'importance d'une clientèle assez large, la force de l'entreprise est d'être réactive, de s'adapter à toute demande dans les meilleurs délais.
Autre marché, familier de tous, celui des TGV, de ses rideaux verts, une production Plissés de France!
Prises au jeu, Marie-Christine et son équipe pensent à diversifier le pli et son usage. L'origami, une piste intéressante sachant que le tissu doit aussi pouvoir s'incruster dans le papier. Faire appel à des élèves d'écoles d'arts appliqués pour réfléchir à d'autres applications artistiques du plissé, une suggestion déjà expérimentée, à poursuivre. Autre préoccupation et d'importance, penser à la relève d'un métier qui se perd, le faire connaître. Plissés de France participe chaque année au salon Fatex au Carroussel du Louvre mais il faut élargir. Les projets ne manquent pas. L'équipe tient la forme. C'est jour d'équinoxe à Saint-Malo, la mer est belle et peu agitée.

 

Article "Plis à Plis" dans Carnets de l'Ouest

 

Un reportage de M6 sur les Plissé de France a été diffusé dans le journal Six Minutes.

 

PLISSES DE FRANCE : L'HEURE EST A L'INNOVATION
Bretagne Economique, de Serge Marshall

Dans un contexte économique marqué par la concurrence étrangère qui a récupéré le segment moyen de la gamme, l'entreprise ne se froisse pas grâce aux commandes que lui passent les milieux de la haute couture. Une créativité dans le luxe qui n'empêche pas Marie-Christine Renard de se méfier des lendemains. Qu'elle prépare.
« Oh ! Vous savez, parler de notre développement est un bien grand mot. Et quand je vois tout ce qui se passe autour de nous, ces entreprises de textile qui déposent leur bilan en Bretagne, je veux surtout me montrer modeste. Tout ce que je peux dire, c'est qu'ici, nous travaillons. On ne compte pas nos heures, c'est sûr. » Modeste et industrieuse, à l'image de son équipe de huit salariées, Merie-Christine Renard, l'est assurément.

Après avoir repris les Plissés de France en 1995, cette professionnelle qui a commencé à travailler dans la maison "alors que M. Et Mme Collin, les créateurs, avaient lancé leur activité au fond de leur jardin" affiche un carnet de commandes rempli jusqu'à l'été. Et un carnet d'adresses où les grands couturiers jouent du coude à coude. "Nous ne sommes plus que huit plisseurs en france. La mode est aujourd'hui au plissé mais demain? Il y a seulement trois ans, c'était encore dur. Notre secret tient dans notre mode de gestion "de mère de famille", ce que nous sommes toutes ici. J'ai toujours dis qu'il fallait être écureuil : faire de la trésorerie pour tenir le coup quand l'activité se ralentit." En attendant, le savoir-faire des Plissés de France séduit le milieu de la haute couture. "Stylistes, responsables d'études ou de production...des artistes et des personnes talentueuses qui nous ont redynamisées et tirées vers le haut. Mais il faut savoir se montrer à la hauteur de leurs attentes, enterme de qualité comme de délais. Une commande passée le matin peut être exigée pour le soir."

 

PLISSES DE FRANCE
Programme officiel du Festival International des jeunes créateurs de mode
Avril 2005

La société des Plissés de France est spécialisée dans le plissage artisanal. Situé à Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine) elle est la dernière entreprise de ce genre en Bretagne, sauvée in extremis en 1995 par une poignée de salariés. Un véritable challenge. Dix ans ont passé et la société des Plissés de France a su s'imposer auprès de marques de haute couture et de quelques créateurs. Dans l'univers de la mode, l'utilisation du plissé a changé, a évolué. Aujourd'hui il est travaillé de façon différente: par ajouts, superpositions... Il retrouve une nouvelle jeunesse et devient un élément de création apprécié par les plus grandes Maisons de couture. L'entreprise de saint-Coulomb possède la richesse d'un savoir-faire vieux de plus de 50 ans. Un gage de qualité qui impose de perpétuelles recherches, puisque Marie-Christine Renard, gérante de l'entreprise, avec les autres employées ne cessent de travailler sur la créations de moules en carton pour offrir à la clientèle de nouvelles collections de plissages.

 

LES PLISSES DE FRANCE EN FORME
Fashion Daily News, le 23 janvier 2004 par Sid-Ali-Chikh

Générosité envers les jeunes talents d'abord, qui viennent parfois la solliciter pour plisser quelques-unes de leurs créations. Credo commercial aussi, puisque, depuis une bonne dizaine d'années, la société, créée dans les années 1950, s'est résolument centrée sur les marchés de la couture et du prêt-à-porter haut de gamme. Les Plissés de France sont dans les derniers à proposer certains procédés textile qui semblent venus d'un autre âge. "En France, je pense qu'il ne doit pas y avoir plus de 60 personnes à travailler dans le plissé traditionnel, cela représente une dizaine de maisons, dont la nôtre", estime la responsable. Dans l'atelier de 600 m2, perchées sur leur "rocher" près de Saint-Malo, une dizaine de salariées, qui sont aussi actionnaires, maîtrisent toutes les facettes du plissage.

La complexité des plis

Depuis l'aprovisionnement en carton raft, de plus en plus difficile à dénicher jusqu'aux manipulations décisives qui donneront naissance aux différents plis. La plupart des métiers ont leur nom de code: plissé accordéon ou plis en arête ne dépassant pas les 2 cm, plissé Watteau pour les successions de plis creux et ronds de 1 à 15 cm de large; plissé soleil réalisé dans un quart ou un demi-cercle. Celui-ci est le plus répandu. En général, Marie-Christine Renard exulte quand les plus talentueux des créateurs parviennent à renouveler de façon inattendue l'usage du pli. "Les stylistes trouvent dans le pli artisanal un ennoblissement qui va leur permettre de marquer leur originalité. Et en quelques années, on a vu des usages de plus en plus fantaisistes. Les plis sont utilisés en bordure sur des jupes droites, en accessoires, avec dessins ou sans, en double faces... c'est stimulant", s'enthousiasme-t-elle. La couture, le costume de spectacle et le prêt-à-porter de luxe ne suffisent pourtant pas à pérenniser l'activité. Des marchés alternatifs existent, heureusement. La décoration intérieure et d'autres applications, sur lesquelles la responsable souhaite rester discrète, constituent autant de débouchés intéressants. Car là réside aussi l'atout de la maison. A côté de la partie artisanale, elle dispose de métiers à plisser industriels tout à fait adaptés aux commandes de gros volumes.